Voici le sommaire du « Projet EELV ». les liens représentés par un # pointent vers le site http://eelv-le-projet-pour-tous.nursit.com/ (vous pouvez les ouvrir dans un nouvel onglet : ctrl + clic, avec Firefox)

La version originale est accessible au format PDF sur http://eelv.fr/le-projet/

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vivre mieux : vers la société écologique

PROGRAMME D’ACTIONS POUR LES TEMPS QUI VIENNENT

samedi 24 décembre 2011

  1. # Un futur soutenable : réduire notre empreinte écologique, protéger les biens communs, répondre aux besoins humains fondamentaux
  2. # Une économie écologique au service des populations et des territoires
  3. # Le mieux vivre pour tous
  4. # Une société ouverte, de droits et d’émancipation
  5. # La 6e République dans une Europe fédérale
  6. # Un monde de paix et de justice

 

#UN FUTUR SOUTENABLE : REDUIRE NOTRE EMPREINTE ECOLOGIQUE, PROTEGER LES BIENS COMMUNS, REPONDRE AUX BESOINS HUMAINS FONDAMENTAUX

 

#1. SE LIBERER DE LA DEPENDANCE AUX ENERGIES FOSSILES ET AU NUCLEAIRE

 

#I. Une transition à l’échelle internationale et européenne

#II. Une programmation nationale pour les économies d’énergie

#III. Des investissements forts dans la réhabilitation des bâtiments

#IV. Une réorientation de la politique des déplacements

#V. Sortir du nucléaire d’ici 2031

#VI. Développer les énergies renouvelables

#VII. Organiser et financer la transition énergétique

 

#2. NATURE, EAU, AGRICULTURE, ALIMENTATION, SANTE, LOGEMENT : AU COEUR DE NOTRE PROJET

 

#I. Protéger et restaurer la nature, respecter l’animal

#II. Une eau de qualité pour toutes et tous

#III. Un pacte pour une agriculture écologique

#IV. Contre la faim et la malbouffe, manger tou-te-s et manger mieux

#V. Une politique de santé contre l’épidémie de maladies chroniques

#VI. Un logement pour chacun-e, l’habitat choisi pour tou-te-s

#VII. Déchets : réduire, recycler, réutiliser

 

#UNE ECONOMIE ECOLOGIQUE AU SERVICE DES POPULATIONS ET DES TERRITOIRES

 

#1. LIBERER L’ECONOMIE DE LA FINANCE

 

#2. RELOCALISER L’ECONOMIE POUR DES EMPLOIS DURABLES ET DE QUALITE

 

#I. Vers l’écologie industrielle, pour l’industrie écologique

#II. Créer, maintenir ou développer l’activité en soutenant TPE, artisans et PME

 

#3 TRAVAILLER TOU-TE-S ET TRAVAILLER MIEUX

#I. Travailler tou-te-s

#II. Travailler mieux

 

#4. UN REVENU MAXIMUM, UN REVENU DECENT … VERS UN REVENU D’EXISTENCE

 

#5. DES FINANCES PUBLIQUES AU SERVICE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE

#I. L’impôt : plus simple, plus juste, plus écologique

#II. Dette et déficits : les réduire fermement mais au bon rythme

#III. La dette privée encadrée et sous contrôle

 

#6. DES TERRITOIRES SOLIDAIRES

#I. Un service public efficace

#II. Développer l’économie sociale et solidaire

#III. Des villes écologiques

#IV. Une autre politique des quartiers populaires

#V. Des territoires ruraux vivants

#VI. Une forêt mieux protégée, gérée durablement

#VII. La mer et le littoral, objets d’un soin constant

#VIII. Une ambition forte pour la montagne

#IX. Outremer : en finir avec la république coloniale, vers la responsabilité et le développement durable !

#X. Corse : une île exemplaire

#XI. Un tourisme écologique équitable

 

#LE MIEUX VIVRE POUR TOUT-E-S

 

#1. EDUCATION :P OUR UNE “SOCIETE EMANCIPATRICE”

#2. SAVOIRS ET RECHERCHE : UNE POLLINISATION RECIPROQUE SCIENCE / SOCIETE

#3. VERS L’AUTONOMIE DE LA JEUNESSE

#4. OUVRIR DES CHOIX A NOS AINES

#5. DU SPORT BUSINESS AU SPORT POUR TOUTES ET TOUS

#6. POUR UNE ECOLOGIE DE L’ART ET DE LA CULTURE

#7. LA PUBLICITE REMISE A SA PLACE

 

#UNE SOCIETE OUVERTE D’EGALITE, DE DROITS ET D’EMANCIPATION

 

#1. POUR UN STRICT RESPECT DE L’EGALITE

#2. UNE POLITIQUE DES MIGRATIONS RESPECTUEUSE DES DROITS

#3. UNE AUTRE POLITIQUE POUR LES FRANÇAIS ETABLIS HORS DE FRANCE

#4. UNE JUSTICE EQUITABLE, ACCESSIBLE ET EFFICACE

#5. METTRE L’HUMAIN AU COEUR DE LA POLITIQUE DE SECURITE

#6. PRISON ET PEINES :LA REINSERTION SEULE SOLUTION JUSTE ET REALISTE

 

#UNE SIXIEME REPUBLIQUE DANS UNE EUROPE FEDERALE

 

#1. LA 6e REPUBLIQUE POUR LA TRANSFORMATION ECOLOGIQUE DE LA SOCIETE

 

#I. Revivifier la représentation politique

#II. Restaurer la responsabilité politique et protéger les droits fondamentaux : une République parlementaire

#III. Une justice indépendante

#IV. Une 3e étape de la décentralisation : vers le fédéralisme différencié

#V. Une démocratie réelle associant les citoyens et garantissant les contre-pouvoirs

#VI. Assurer l’indépendance des médias, défendre la liberté d’informer et soutenir la création audiovisuelle

 

#2. RELANCER LE REVE EUROPEEN

 

#I. Une Europe engagée sur la voie de la transformation écologique et sociale

#II. Une Europe fédérale, démocratique et citoyenne

#III. Une Europe solidaire

 

#VERS UN MONDE DE PAIX ET DE JUSTICE

#1. UNE NOUVELLE ARCHITECTURE INTERNATIONALE

#2. UN MONDE SOLIDAIRE ET RESPONSABLE

#3. UNE REFORME RADICALE DE L’AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT

#4. UNE POLITIQUE DE DEFENSE EN ACCORD AVEC L’ECOLOGIE POLITIQUE

#5. UNE PLANETE PACIFIEE

Je m’inquiétais tout récemment que la mobilisation suite à l’échouement du TK Bremen ait été voulue « citoyenne et apolitique » (voir ici). Cela révèle, me semble-t-il, une défiance envers la politique qui ne peut qu’être improductive à terme et qu’il faut oeuvrer à réduire.

Mais il faut bien reconnaître qu’il y a des raisons à cette défiance.

Ce jeudi 22 décembre, Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle, est venue à Etel pour mieux connaître la réalité du terrain, pour échanger sur place avec des experts et des riverains, tout cela dans le but que les questions soulevées par cet accident, directement ou moins directement, soient présentes dans le débat politique qu’occasionne l’élection présidentielle et, de ce fait, espérons-le, connaissent des avancées.

Pour cette raison, la présence sur le terrain de la candidate EELV était prévue sans drapeau ni banderole, parce que le temps est plus à la réflexion qu’à l’affirmation, parce que la volonté est d’ouvrir le débat en faisant fi des étiquettes, parce que, aussi, c’était le souhait exprimé localement lors des premiers rassemblements.

Aussi avons-nous été bien contrarié/es de voir arriver une quinzaine de militante/s de l’UDB, chacun/e ou presque portant drapeaux, se joindre, comme en manifestation, à l’équipe d’Eva Joly, imprimant par ce type de présence un caractère bien différent à l’événement.

Ce n’est pas la première fois que nous avons ce problème avec cette organisation : nous avons une réelle proximité sur la majorité des thématiques et nous travaillons bien souvent dans le même sens, mais il y a, chez l’UDB, une affirmation identitaire souvent envahissante que je trouve réellement problématique.

J’ai participé aujourd’hui à une manifestation citoyenne et apolitique (voir thème en http://paysdelorient.europe-ecologie.net/ et photos en http://morbihan.europe-ecologie.net/).

« Citoyenne et apolitique » c’était la demande de l’organisateur (un surfeur d’Erdeven où un cargo a eu l’idée incongrue de venir épancher son gasoil). J’ai donc sagement gardé sous les bras mes drapeaux EELV.

« Citoyenne et apolitique », c’est quand même un sacré problème d’en être arrivé là !

Un problème linguistique d’abord : quand on réfléchit que la citoyenneté et la politique sont deux termes qui évoquent le fait de participer à la vie de la cité ! Quelle dérive pour qu’on en vienne à pouvoir opposer les deux !

Un problème d’efficacité ensuite : dans cette manifestation citoyenne et apolitique, tout le monde était certainement uni à se dire « il n’aurait pas dû quitter le port ». Mais alors se posent de multiples questions : peut-on interdire ? quand peut-on interdire ? dans quels domaines peut-on interdire ? qui peut interdire ? qui peut arbitrer ? de quelle manière ? À ces questions on donnera toute une gamme de réponses fort variées suivant ses orientations … politiques .

Vouloir une mobilisation citoyenne et apolitique, c’est vouloir de toutes ses forces engager les gens à faire le premier pas de la réflexion et de l’action … en interdisant avec vigueur de faire le second pas. Problème !

La procédure d’investitures pour les législatives, qui va trouver son point d’orgue le week-end prochain laisse un goût bien amère.

Les scénarios mis au point par les commissions électorales régionales (la nôtre au moins, mais je crois que c’était une consigne nationale) devait prévoir de constituer un vivier de deux paires (homme/femme) pour chaque circonscription, afin de permettre au national, dans sa grande sagesse, de sortir de son chapeau les investitures.

Cette histoire de viviers de deux paires, ça marche peut-être dans deux, trois grandes villes, mais je peux vous dire que chez nous ça ne peut pas marcher.

1er résultat : dans certaines circonscriptions, il n’y avait que des candidats d’un même genre. Ce qui obligeait la commission électorale à « décider » que la circo serait de ce genre-là. Ça ne me paraît pas une bonne manière de responsabiliser les gens dans leurs choix.

2ème résultat : quand, dans la circonscription A et la circonscription B, il y avait un homme et une femme, il suffisait à la commission  de décider de quel genre serait la A et de quel genre serait la B pour éliminer tel ou telle. Et ça contraignait la commission à demander le tirage au sort dans les cas où elle ne pouvait pas décider. Dans l’un et l’autre cas, c’est nul.

Le système que nous avons utilisé pour la préparation de ces investitures législatives 2012 était donc mauvais.

Il me semble que nous aurions dû, bien en amont (début 2010), tirer au sort quelles seraient les circonscriptions femmes et quelles seraient les circonscriptions hommes. Et ensuite, cette donnée étant connue bien en amont, informer / motiver / former / choisir les candidat/es localement (sans les tirer au sort ou sans petits arrangements entre ami/es, mais par le vote des militant/es).

Bien sûr cela n’est pas compatible avec l’idée de représentation proportionnelle des courants. Mais on voit bien que cette idée n’intéresse que les quelques centaines d’adhérent/es qui sont dans des courants. La grande majorité n’en ayant rien à cirer.

Et les circonscriptions réservées, me direz-vous ?
Et bien il fallait avoir une négociation nationale pour déterminer leur nombre global et leur répartition par régions (négociation totalement déconnectée d’une éventuelle discussion sur les programmes, car on a vu les ravages qu’a produit le mélange des deux).

Ensuite, renvoyer à chaque région les négociations sur les réservations de circonscriptions, pour le nombre décidé nationalement.

Bien sûr un tel système permet aussi des magouilles, mais d’une part il en permet moitié moins (la moitié qui joue sur le choix du genre de la circo) et d’autre part il s’agit alors de magouilles à un niveau (région) où elles sont plus perceptibles, évitables et, le cas échéant, corrigibles.

Bon, tout ça c’est (presque) du passé déjà. Espérons que pour les prochaines échéances (municipales de 2014) on fera mieux. Encore faut-il le préparer !

Nous (EELV) avons un problème : nous sommes les seuls (avec certaines composantes du Front de Gauche peut-être) à concevoir l’action politique comme une articulation complémentaire équilibrée de l’action militante et de l’action institutionnelle. Mais nous sommes dans un système, au niveau national notamment, qui ne nous permet pas d’avoir le poids institutionnel que nous devrions avoir.

Du point de vue politicien, notre seul objectif aurait dû être de lever ce verrou, en obtenant du PS (en tant que prochain parti au pouvoir probable) une forte dose de proportionnelle (au minimum 50 % des postes pourvus par proportionnelle). Une fois cela obtenu (et donc les moyens financiers et la visibilité associés), nous nous serions fait forts de défendre nos options et nos orientations, avec, à côté ou contre le PS, selon les sujets.

La négociation avec le PS aurait dû porter là-dessus uniquement : à moyen terme par la réforme des institutions de la République, et à court terme, par anticipation, par une répartition des circonscriptions pour 2012. Cela pouvait se négocier contre notre soutien, dès le premier tour, au candidat issu des primaires. Et ce sans qu’il soit question de programme !

Mélanger la question du programme avec la question des postes était une grave erreur qui donne aujourd’hui un résultat calamiteux, dont il est bien possible que nous ne nous relevions pas (pas à temps pour relever les défis climatiques et sociaux, en tout cas). Tristesse.

Le 24 juillet dernier, je concluais un petit texte (intitulé  » Maladie infantile « ) ainsi : «Le risque d’un score à un chiffre + des incontournables costauds («abandon des grandes infrastructures autoroutières» !?!) + allégeance à la gauche = ça va être compliqué. ;-)» … finalement c’était une litote.

Plus que jamais j’estime que nous avons accumulé les erreurs et c’est fort triste.

«Au-delà des aspects économiques, je considère qu’en l’état actuel de notre technologie, la sortie du nucléaire est  d’abord un objectif moral incontournable.»

«Le propre d’un accident nucléaire c’est d’être inestimable dans le temps et dans l’espace. Et là s’arrête le risque acceptable dès lors que l’on ne maîtrise ni ne mesure plus ses conséquences.»

«Dans la même veine, ignorer la durée de vie et la dangerosité à très long terme des déchets est incompatible avec la notion première du développement durable, puisque c’est une délégation de risque aux générations futures.»

«La réflexion doit se faire non seulement sur la sortie du nucléaire, mais aussi sur l’après-pétrole et sans aucune concession sur nos objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre. La contrainte n’étant pas l’ennemi de la créativité au contraire, ces trois contraintes produiront à terme des sauts technologiques. A quelle échéance, évidemment impossible à dire, et la sortie du nucléaire sera le fruit d’un processus qu’il faut engager le plus tôt possible.»

«Sauf à faire preuve d’un entêtement cynique, il faut sans tarder dépasser le débat sur le nucléaire et partager une vision de notre futur modèle énergétique, solidaire et économique.»

Nicolas Hulot – tribune parue dans le JDD du 13/11/11 (extraits)

En 2006, les ordinateurs de Greenpeace (et singulièrement de Yannick Jadot) avaient fait l’objet d’un piratage informatique commis par la société Kargus Consultants, sous contrat avec EDF.

L’entreprise s’était défendue en affirmant que Kargus avait outrepassé sa mission, mais le tribunal correctionnel de Nanterre ne l’a pas entendu ainsi, qui vient de condamner EDF à une amende de 1,5 million d’euros.

«Au lendemain des mensonges honteux d’Henri Proglio sur la sortie du nucléaire, cette condamnation illustre la faillite morale de certains dirigeants EDF.» a estimé Cécile Duflot quand elle a commenté la décision.

Hier soir, nous étions plusieurs du collectif « Un toit pour tous » à Quimperlé pour assister à la projection du film « Squat – la ville est à nous » au cinéma La Bobine.

J’ai regardé ce film documentaire, par lequel Christophe Coello restitue l’action d’un groupe de squatters de Barcelone entre 2003 et 2010, avec un sourire qui ne m’a pas quitté mais qui passait par de multiples couleurs : sourire d’identification, lors des scènes d’installation de squats ; sourire de jubilation, quand ils envahissent l’entreprise liée au commerce d’armes et remballent leur matériel informatique ; sourire d’espoir, quand on voit des habitants du quartier participer aux actions militantes ; sourire mélangé, quand on voit l’élu écolo tenter vainement de communiquer avec les squatters ; sourire de sympathie, quand les « forces de l’ordre » attaquent et, parfois, reculent ; sourire interrogateur, quand l’action passe soudain « trois ans plus tard » ; sourire perplexe, quand le film se termine sur les grands rassemblements d’indigné/es.

On le voit, beaucoup de positif dans le visionnage de ce film. C’est le genre du films dont on ressort avec le sentiment que « on a raison de se révolter »,  » un autre monde est possible », « laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes », « indignez-vous ! » …

C’est bien, c’est utile, c’est chouette … et après ?

Après, c’est là que ça se complique. Et le débat qui a suivi, en présence du réalisateur, a bien illustré la chose. Soit on pense, comme Christophe Coello, que l’action concrète, jubilatoire, directe, sans chef et sans compromission est la solution, pour peu qu’elle ait un enracinement populaire et s’élargisse toujours plus par toutes les prises de conscience et les remises en cause additionnées de chacun/e. Soit on pense que ces mobilisations, joyeusement indispensables et donc à poursuivre ou à rendre possible, doivent trouver une expression et un débouché politiques.

Et c’est là que, par rapport au film, mon sourire devient perplexe. Car enfin, de quoi s’agit-il ? Il est question de l’évolution de la ville de Barcelone. Que garder, que reconstruire, pour qui, comment ? Les squatters et les assemblées de quartier auront beau avoir l’action la plus dynamique possible, ils auront beau être le plus nombreux possible (deux choses qui ne sont pas simples sur la durée), ils ne pourront au mieux que conserver l’existant, rouvrir les appartements, conserver les bâtiments, garder le quartier en l’état, avec l’espoir de lui faire conserver / retrouver son âme.

Si on pense qu’il faut réorganiser et reconstruire, pour loger plus, pour loger mieux, parce que les techniques, les attentes et conditions ont changé, alors il faut mobiliser des moyens, faire des choix et mettre en oeuvre. Et ça, ça ne se fera jamais par l’addition des réflexions de groupes aussi sympathiques soient-ils. Cela suppose une certaine permanence sur la durée, une mobilisation de moyens à une échelle au minimum de l’ensemble de la ville et des arbitrages entre différentes options. Et ça, c’est de la politique.

Alors, bien sûr, face à la politique libérale (on vire tout le monde, on démolit tout et on laisse ceux qui peuvent payer reconstruire à leur guise pour eux-mêmes), on ne peut que soutenir l’action d’opposition des squatters et des habitants du quartier. Cela suffira-t-il sur la durée ?, je ne le pense pas. Il faut aussi imaginer, définir, s’accorder sur, une autre politique. Et c’est complexe car il y a plein de questions à trancher, plein de curseurs à placer : tout public / tout privé / mélangé ? Mixité vie / travail ? Place de la voiture ? Matériaux à utiliser ? Vie privée / vie collective ? Mixité sociale ? Continuité historique ou rupture ? …

« Les politiques ne nous représentent pas » dit-on dans le film. Certes, le constat est incontestable. Mais doit-on entendre dans cette affirmation que « les politiques ne peuvent nous représenter et nous devons donc prendre nos affaires en mains » ou bien que « nous devons prendre nos affaires en mains pour que les politiques nous représentent enfin » ? That is the question.

Déception

Il y a une semaine se tenait notre congrès régional. Même si le résultat était évident d’avance, j’en sors bien sûr fortement déçu de savoir que rien de ce qui me paraît important ne sera mis en oeuvre.

  • Entreprendre la définition d’une méthode de réflexion, de débat et de prise de décision réellement participative
  • Doter notre mouvement d’outils de communication qui affirment une identité spécifique
  • Fixer l’objectif d’une répartition équilibrée des moyens entre groupes locaux et instances régionales

Ces préoccupations étaient portées par la motion « une nouvelle voie », mais cette motion n’était pas portée par un courant. Or, dans la logique du fonctionnement par courants (que nous avons malheureusement accepté par nos statuts régionaux), il faut passer du temps, beaucoup de temps, à force de rencontres et de coups de fil, à constituer  le groupe, à promouvoir les un/es, à écarter les autres et à peaufiner le discours d’emballage.

Tout cela nous ne l’avons pas fait. D’une part parce que nous ne devons pas en avoir le goût. D’autre part parce que nous savions que, dans le lieu, la manière et le moment choisis nous n’avions aucune chance d’être majoritaire. Or c’est bien de cela dont il s’agit dans ce système par courants : non pas faire avancer la réflexion et prendre des décisions, juste être majoritaire.

Le jour même où le Parti Socialiste réussissait à mobiliser des millions d’électeurs pour départager des présidentiables, nous n’avons pas su construire, entre écologistes, une synthèse dynamique et porteuse d’espoirs de démocratie et d’efficacité. Ni ce succès, ni cet échec n’augurent grand chose de bon pour l’écologie politique, je le crains.

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